L’intelligence, c’est la faculté d’adaptation

L’intelligence, c’est la faculté d’adaptation

Paul-Philippe Sanguin de Jossigny, Caméléon

Citation d’André Gide.
Si l’intelligence, c’est la faculté d’adaptation, la notion même d’adaptation est en profonde mutation. On identifie l’adaptation à la théorie darwinienne de la sélection naturelle. Cette théorie induit la croyance que les relations entre espèces au sein des écosystèmes se résument à la compétition et à la prédation.

Aujourd’hui, cette croyance se nuance fortement chez les biologistes, les primatologues, ou chez les neuroscientifiques.

A LIRE : ouvrages de biologistes, primatologues et neuroscientiques

L’Entraide, L’autre loi de la jungle, Gauthier Chapelle et Pablo Servigne. Les travaux de Suzanne Simard sur la coopération entre les végétaux. Les recherches très célèbres du primatologue Frans de Waal.

On sait dorénavant que plus les ressources manquent, plus les êtres vivants collaborent. Quand les ressources sont nombreuses et riches, les êtres vivants deviennent compétitifs. L’exemple du pin à écorce blanche et du sapin des Rocheuses est significatif : dans des conditions difficiles, ils s’entraident et quand les conditions sont bonnes, ils entrent en compétition.

En réalité, la collaboration est la forme la plus répandue de l’adaptation dans la nature. D’autres exemples le prouvent : des manchots qui se blottissent les uns contre les autres pour se tenir chaud et qui se relaient pour occuper la position la plus inconfortable, à la domestication des pucerons par les fourmis. Dans la nature, l’adaptation est une question de vie et de mort. Les animaux savent que quand la compétition est trop dangereuse, il faut être efficace.

Face à de gros changements, une entreprise qui ouvre des espaces collaboratifs permanents entre des services pluriels et diversifiés (à la manière des techniques de la permaculture) offre une grande adaptabilité aux défis.

Ces espaces poreux et denses stimulent l’innovation, la création d’un « nous », l’intelligence collective et la mutualisation. L’indépendant, imbriqué dans un réseau très diversifié, s’adapte alors mieux et durablement.

Gabriel de Richaud
Consultant senior chez Reor

Illustration de l’article :
Paul-Philippe Sanguin de Jossigny, 1750-1827, est un militaire, capitaine, ingénieur et dessinateur pour Philibert Commerson, médecin, explorateur et naturaliste français.

Vous n’avez cessé d’essayer ? Vous n’avez cessé d’échouer ? Aucune importance ! Réessayez, échouez encore, échouez mieux.

Vous n’avez cessé d’essayer ? Vous n’avez cessé d’échouer ? Aucune importance ! Réessayez, échouez encore, échouez mieux.

« Vous n’avez cessé d’essayer ? Vous n’avez cessé d’échouer ? Aucune importance ! Réessayez, échouez encore, échouez mieux. »
Citation de Samuel Beckett.

Tout le monde a déjà joué une fois dans sa vie à la bataille navale ! Il est évident que si on ne tente pas de tirer complètement au hasard, on ne risque pas de toucher l’autre. On doit recueillir un certain nombre « dans l’eau » afin de situer les bateaux (et autres) de l’adversaire et affiner nos tirs. Il faut se tromper pour mieux analyser la situation.
Pour vous, comme pour votre entreprise, l’innovation et l’apprentissage sont à ce prix : se donner le droit à l’erreur. Le pourcentage de déchet dans la créativité est important : 97%. Si le temps passé à écrire correspondait à des livres publiés, Flaubert aurait dû livrer au monde une soixantaine d’ouvrages. Il en a publié seulement vingt-cinq. On peut calculer que des écrivains à plein temps finissent en moyenne un livre tous les cinq ans : On peut calculer que des écrivains à plein temps finissent en moyenne un livre tous les cinq ans : soixante treize pages utilisables par an, ou un cinquième de page utilisable
par jour ! [1].
Évidemment, les échecs des uns, les ratés des autres, ce n’est pas ce qui fait la une des médias.
Les hommes et les femmes qui réussissent sont encensés pour leurs réussites. Ce n’est pas populaire dans nos sociétés de parler des nombreux échecs qui les ont précédés. Et pourtant, oui, ils sont nombreux : vous pouvez, pour vous en convaincre, consulter par exemple l’extraordinaire périple des créateurs d’Airbnb ! et tant d’autres récits de vie qui font dire à Bill Gates, non titulaire de son diplôme d’Harvard : l’échec est un diplôme !

En neuro-ergonomie, on se rend compte dans des recherches récentes [2] que la sanction de l’échec (dès l’école en France) entraîne ce qu’on nomme « une impuissance acquise ». Il est évident pour vous que si nous sanctionnions un tout petit enfant qui apprend à marcher à chaque fois qu’il tombe, il préfèrera rester à quatre pattes !
De la même manière, il est absolument indispensable pour une entreprise (comme pour vous-même) de soutenir vos actions avant vos réussites, d’encourager vos tentatives et de bien les valoriser.
Vos belles victoires à venir en dépendent.

[1] En vivant, en écrivant, Annie Dillard, Christian Bourgeois éditeur, avril 2017, p.23.
[2] Libérez votre cerveau, Idriss J. Aberkane, Robert Laffont, 2019.

A propos des auteurs cités
Samuel Beckett est un écrivain, poète, dramaturge irlandais (1906-1989), lauréat du prix Nobel de littérature en 1969.
La peinture L’Intrigante, 1964, est de Konrad Klapheck, peintre allemand né en 1935.
Annie Dillard est une romancière, poétesse et essayiste américaine, née en 1945, titulaire du prix Pulitzer de l’essai en 1975 pour son essai Pèlerinage à Tinker Creek.
Idriss Aberkane est un conférencier et essayiste français né en 1986.

Gabriel de Richaud
Consultant senior chez Reor